Pierre Paul RUBENS

RUBENSRubens est un peintre baroque flamand (1577-1640), fils d’un avocat prospère, échevin de la ville d’Anvers. Son père est le conseiller légal de Guillaume d’Orange. Il grandit à Siegen, en Westphalie, puis à Cologne. De retour à Anvers, à l’école latine de Verdonck, il apprend le grec et le latin, puis se plaît à copier des Véronèse chez la comtesse de Lallaing, sa marraine. Bientôt, fidèle à l’idéal humaniste, il voyage en Italie pour étudier les chefs d’œuvres de la Renaissance : Raphael, Caravage, Titien… Les peintures de Michel Ange et de Léonard de Vinci n’ont plus aucun secret pour lui.

Sa renommée dépasse rapidement les faubourgs de sa ville d’Anvers. Son talent fait l’unanimité. L’homme est un négociant chevronné. Il règne sur une véritable entreprise internationale. Son atelier attire des élèves de tous les pays. Les plus grands d’Europe s’arrachent sa signature. Peintre officiel de la cour espagnol des Pays-Bas, il reçoit des commandes des Habsbourg, et du Roi d’Angleterre, mais aussi d’un cardinal romain ou de Marie de Médicis. Il réalise le portrait du prince de Pologne, Ladislas IV Vasa, et celui du Sultan de Tunis. Il est riche et célèbre. C’est le plus grand artiste de son époque. Le plus étonnant chez Rubens, outre son érudition et le charme de sa conversation, c’est son talent pour la diplomatie. En mission pour les princes de son temps, on le voit à Gènes, à Mantoue, à Rome, à Londres, à Paris, à Vienne, en Espagne. Il parle le français, l’allemand, l’italien, l’espagnol et le latin. Pas de doute. Rubens est un européen dans l’âme. Il est anobli par l’Infante d’Espagne, et Charles Ier d’Angleterre le fait chevalier pour son rôle dans le traité de paix avec l’Espagne, au sujet des Provinces Unies.

Son héritage intellectuel, artistique et moral, nous invite à sillonner l’Europe, car les œuvres de Rubens sont exposées dans de nombreuses villes. Un palais, une église, une cathédrale, un musée, les tableaux du peintre sont partout. Sujets religieux ou mythologiques, portraits officiels ou intimes, allégories ou paysages, les œuvres de Rubens incarnent une certaine idée de l’Europe. Un élan commun. Des valeurs partagées. Un goût prononcé pour la liberté. Une envie de construire un monde où l’humain est préservé. Rome, Athènes, Jérusalem. Un héritage éternel. Un patrimoine sans frontière. Aujourd’hui, on peine à croire que certains hommes ont incarné le rêve européen. Parmi la foule des normes et des directives, des agences et des services interinstitutionnels, des experts et des technocrates, Rubens l’Européen aurait-il trouvé sa place ?