Le système social français ruine les salariés

Grâce à la liberté des échanges sur internet, de nombreux mouvements de réflexion s’interrogent sur l’avenir du « modèle social français ». La question est brûlante et n’a jamais été plus actuelle. De quoi s’agit-il ? De se poser une question simple : le « modèle social français » est-il pertinent ? Avant d’entrer dans le détail du sujet, il convient de rappeler que ce modèle fait vivre de nombreux acteurs, et que la simple critique du système provoque la foudre de ses bénéficiaires. Qu’importe, il est temps de se poser la question de l’intérêt général, et de mettre fin aux nombreux corporatismes qui bloquent la croissance de ce pays. Le bien commun appartient au plus grand nombre.

Il n’est pas superflu de rappeler que le « modèle social français » est un héritage de la Libération. A la fin de la guerre, le Général de Gaulle ne peut s’opposer au puissant parti communiste de l’époque, très influent au sein du Conseil National de la Résistance. La création de la Sécurité Sociale est inscrite dans le programme du CNR. Elle sera adoptée par les fameuses ordonnances du mois d’octobre 1945. Il ne s’agit pas de critiquer ici l’action des uns ou des autres. Autres temps, autres mœurs. Cette vision collectiviste s’inscrivait dans une époque. On croyait au grand soir et aux lendemains qui chantent. Mais l’Histoire a démontré depuis que les systèmes collectivistes conduisent à l’appauvrissement général.

Quelle est la situation aujourd’hui ? Elle n’est pas brillante. Le « système social français » est à bout de souffle. Pour quelles raisons ? D’abord pour une question d’équité. On fait croire à tous que le système est « gratuit », alors qu’il est financé par une partie de la population. Rien n’est gratuit dans ce bas monde. Il y a toujours quelqu’un pour payer. Qui paye l’addition aujourd’hui ? Le travailleur. Qui est malade ? Tout le monde. Oublions pour un moment le financement des retraites. Concentrons-nous sur l’assurance maladie. Pourquoi faire payer à quelques uns d’entre nous, un risque qui court sur chacun de nous ? Où est la justice sociale ? Qui est lésé dans cette affaire ? La catégorie qui paye pour tous les autres. C’est-à-dire le travailleur. Il n’y a aucune justification d’ordre philosophique ou démocratique pour faire peser sur le dos du travailleur tout le poids du financement de la Sécurité Sociale.

Interrogeons-nous maintenant sur la pertinence économique d’un tel système. Pour financer la Sécurité Sociale, on taxe les travailleurs, salariés ou indépendants. C’est ce qu’on appelle les charges sociales. La plupart des cotisations sont recouvrées par l’URSSAF et le RSI, qui ne ménagent pas leur peine pour tracasser les cotisants. Analysons, un instant, le coût du service de la Sécurité Sociale. Les cotisants payent un service. Ils ont droit de comprendre ce que coûte ce service. Une précision, avant d’aller plus loin dans la réflexion. Sur les salaires, on a séparé abusivement les « charges salariales » des « charges patronales ». Pourquoi ? Aucune raison de séparer les charges qui pèsent sur la totalité du salaire ! Ce sont des charges sociales. Point. Le « patron »  ne paye pas de charges… Il prélève la totalité pour la reverser à des organismes. Aujourd’hui, la France est la championne d’Europe des prélèvements sociaux (Voir lien en bas de page). Cela veut dire que les travailleurs français payent plus cher que leurs voisins de l’Union Européenne. Pour un meilleur service ? Pas vraiment. Les caisses sont déficitaires. Où va l’argent des salariés ? Pourquoi frapper leur pouvoir d’achat ? Pourquoi ne pas leur laisser la liberté de choisir un autre système moins cher et plus performant, comme c’est possible dans d’autres pays d’Europe ?

Difficile ne pas faire le lien entre le poids des charges sociales et le coût du travail. Dans une économie mondialisée, il va de soi que plus un travail coûte cher, plus il est difficile à vendre. La compétition est rude avec le reste du monde. Pourquoi sommes-nous plus chers que les autres ? Si nos entreprises ont du mal à vendre, elles ne recrutent pas. C’est la spirale infernale du chômage de masse, dont les charges sociales ne sont pas les seules responsables, mais dont le poids trop lourd empêche le rebond de l’économie française. Ce qui était peut-être valable en 1945 n’est plus d’actualité. Le monde a changé. Il est temps pour notre génération d’ouvrir une autre voie, plus juste, plus équitable, plus libre, où le travail ne sera plus considéré comme un « aspirateur à cotisations », mais comme un moyen d’épanouissement pour chacun de nous. C’est l’occasion historique de réconcilier les salariés floués par le système, avec les patrons et les indépendants.

La France championne d’Europe des charges sociales