My tailor is rich !

My tailor is rich ! Les anglais sont les maîtres de l’humour. C’est bien connu. Mais c’est un français, André Chérel, qui a publié cette phrase dans la première méthode Assimil en 1929. « Mon tailleur est riche » Ce trait d’humour a connu un succès populaire considérable. Pourquoi ? Parce qu’elle évoque une réalité simple. Si mon tailleur est riche, c’est parce que ses nombreux clients le payent cher. Et pourquoi ses nombreux clients le payent cher ? Parce que mon tailleur travaille dur et bien ! Il a gagné par son travail le droit d’être riche… peut-être plus que moi !

 On est toujours le riche ou le pauvre de quelqu’un. C’est la vie. Mais empêcher mon tailleur d’être riche, c’est lui couper les ailes du talent. Empêcher mon tailleur de faire des costumes c’est me priver de la joie de les porter. Que mon tailleur soit pauvre, et je m’appauvris avec lui. Et si mon tailleur est obligé de fermer boutique… il ne paiera plus ses impôts. C’est tellement simple que c’est trop difficile à comprendre. Il vaut mieux qu’on soit plus nombreux à payer moins d’impôts… que moins nombreux à payer plus d’impôts ! Vous me suivez ?

 A quoi servent les tailleurs ? A tailler des costumes… A quoi servent les riches ? A dépenser leur argent dans les services et les biens de consommation, à investir dans les projets d’entreprise, à financer des immeubles, à acquérir des œuvres d’art… Si je ne suis pas riche, en tout cas, je suis content de trouver plus riche que moi pour acheter mes services ou financer mon travail !

 C’est l’argent des riches qui a construit les cathédrales, qui a permis à Léonard de Vinci de peindre la Joconde, de jouer la musique de Mozart, d’imprimer les livres de Proust, de tourner les films de Visconti, de fabriquer les voitures et les avions qui améliorent la vie de tous. Qu’on le veuille ou non, c’est l’argent des riches d’hier qui a permis de bénéficier aujourd’hui des bienfaits du progrès technique.

 « Eclairez-vous, enrichissez-vous, améliorez la condition morale et matérielle de notre France! » clamait Guizot … S’enrichir oui, à condition d’offrir les mêmes chances à tout le monde. A condition de ne pas oublier les plus faibles. Ce n’est pas en attaquant les riches qu’on protège les pauvres… Non, car en affirmant qu’on n’aime pas les riches…on paralyse notre système économique, on ralentit la croissance, on fait fuir les talents… Alors après la déclaration d’amour aux entreprises… aura-t-on une déclaration d’amour aux riches ?… C’est mon tailleur qui serait content…

 Si j’aime les riches… c’est dans l’espoir qu’ils m’aiment un peu !…