Relisons Keynes

A l’annonce d’une croissance nulle en France, il est urgent de relire ce que John Maynard Keynes écrivait en 1923 , dans : Les effets sociaux des fluctuations de la valeur de la monnaie :

« Faire de l’homme d’affaires un profiteur, c’est porter un coup au capitalisme, parce que c’est détruire l’équilibre psychologique qui permet au système des rétributions inégales de se perpétuer. (…)

Non point que l’homme d’affaires ait jamais le droit, même en période de boum, de conserver la totalité de ses profits exceptionnels. Une multitude de remèdes populaires ont vainement essayé de guérir les maux de l’heure, mais ces remèdes eux-mêmes (subventions, blocage des prix et des loyers, chasse aux profiteurs, taxations des superprofits) finirent par devenir un mal et non le moindre.

A son heure, la dépression arriva, avec sa baisse des prix qui affecte les détenteurs de stocks de marchandises, à l’inverse de la hausse. Des pertes excessives, sans aucun rapport avec le bon ou le mauvais fonctionnement des entreprises, succèdent aux gains inespérés et immérités. Et les efforts de tous pour maintenir les stocks au niveau le plus bas finissent par arrêter l’industrie, de même que les efforts pour gonfler les stocks l’avaient stimulée de manière excessive. Le chômage devient le problème du moment au lieu du problème posé par les profiteurs. »